Les passions d'Aely

Un blog littéraire … mais pas que !

Wein,Elisabeth – Nom de code: Verity je dirai toute la vérité

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nom-de-code---verity-489133-264-432Présentation de l’éditeur

Il me reste deux semaines à vivre. Ensuite, je sais que vous me tuerez. C’est le sort que vous réservez à tous les espions que vous coincez, non ? Alors autant coopérer, si ça peut m’éviter les interrogatoires brutaux du capitaine SS von Linden. Je vais vous livrer tout ce que je sais de l’effort de guerre britannique : les codes, les lieux, les modèles d’avion… Tout a commencé le jour où j’ai rencontré Maddie. Le pilote qui m’a conduite jusqu’en France, c’était elle. Nous avons tenté une invasion en tandem… Nous formions une équipe du tonnerre.

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Biographie de l’auteur

Elizabeth Wein est née à New York aux États-Unis, elle a vécu en Angleterre, en Jamaïque et en Écosse. Elle partage avec son mari Tim sa passion pour l’aviation. Ils ont tous les deux leur brevet de pilote et ont survolé les États-Unis, le Kenya et la côte sud de l’Angleterre. C’est sa passion pour les avions qui a donné l’idée à Elizabeth Wein d’écrire son roman Nom de Code : Verity.

 

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Partenariat, forums et lectures communes.

Lecture en partenariat avec le forum Au boudoir Ecarlate.

 

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Mon avis :

 

C’est avec une intense émotion que je referme ce roman. Peu ont été capables ces dernières années de me faire monter les larmes aux yeux et celui-ci en fait partie.
Dire alors que c’est un coup de cœur, est-ce vraiment la bonne expression?
Et si oui alors je me dis que les suivants vont me paraître bien fades en émotion après celui-ci.

Je vais essayer de vous exprimer mon ressenti mais moi-même me sent incapable de dire exactement ce que j’ai vécu au travers de ces vies différentes et complémentaires de nos héroïnes et de leurs acolytes.

Nous commençons dans le vif du sujet avec un de nos personnages principaux déjà entre les mains de l’ennemi. Elle, car c’est d’une jeune femme qu’il s’agit alors, a, hélas, déjà subi la torture, au point d’avoir accepté de passer un marché pour que cela s’arrête. Lequel?
Comme nous le dit si bien le titre de façon détournée : de dire toute la vérité pour que le SS qui s’est occupée d’elle ne l’approche plus.
Elle doit pour cela écrire chaque jour tout ce qu’elle sait sur les forces alliées, leurs avions, leurs aérodromes, tout… En un mot: trahir!! Mais pour gagner quoi ? Quelques jours de sursis pourtant elle y tient à ses jours de répit et son récit, nous allons nous en rendre compte rapidement.

Nous ne connaissons alors pas son nom car lorsqu’elle fut prise elle n’avait pas ses propres papiers sur elle. Elle nous le dit elle-même.

C’est donc à la troisième personne que nous allons découvrir cette confession, l’histoire de Maddie que notre prisonnière va nous raconter ainsi qu’à ses tortionnaires allemands pour tenir son rôle dans le marché convenu. Deux semaines de répit pour une trahison en bonne et due forme.

Telle Sheherazade dans les contes des Mille et une nuits, elle va nous emmener au travers de la vie de Maddie depuis sa vie d’avant jusqu’à leur rencontre et ce jour fatidique où notre inconnue s’est faite arrêtée. Et au milieu de ce roman d’une vie elle va faire ce qu’elle doit faire et énoncer des renseignements, des lieux, des descriptions qui lui serviront à garder devant elle ces quelques jours de répit, et en même temps nous faire vivre en sa compagnie et celle de Maddie une aventure hors du commun, celle d’une amitié probablement impossible s’il n’y avait eu la guerre.

C’est donc la vie de Maddie mais aussi de toute la Grande Bretagne que nous allons suivre de l’intérieur comme si nous y étions. Les premiers actes de guerre, les chamboulements pour tous, les premiers femmes dans la WAAF (Women’s Auxiliary Air Force) et les événements qui ont amené nos deux héroïnes à se retrouver ce jour-là dans cet avion-là.

La plume de l’auteur est addictive. Ce n’est pas un roman c’est un journal intime, un témoignage, une âme mise à nue devant nous. Rien ne nous est épargné, ni ses larmes, ni ses révoltes ni ses idées vengeresses mêlées au récit demandé. Tous ces sentiments si francs, si bruts nous touchent au cœur.
Nous partageons avec elle cette vie qu’elle nous offre à nous comme à EUX, et pourtant même si nous savons qu’elle trahit son pays et les alliés nous ne pouvons nous empêcher de suivre la suite de ses aventures avec impatience et amitié.
L’auteure a une plume fluide et entraînante, comme une partition de musique elle semble réglée pour nous emporter dans la danse.

Pourtant le début est déstabilisant car l’auteur nous parle du point de vue de Maddie. Maddie que nous apprenons rapidement à aimer et en même temps que nous suivons avec appréhension.
Pourquoi elle? Puisque nous comprenons rapidement que la Maddie prisonnière n’est pas celle que nous croyons.

Même si ce sont des papiers à ce nom qu’elle avait quand elle s’est faite arrêtée elle n’est pas l’héroïne de sa confession.
Lorsqu’enfin nous découvrons qui est notre prisonnière, en même temps que les ennemis, d’ailleurs, nous sommes surpris. Sa façon de faire ses confessions à la troisième personne du point de vue de quelqu’un d’autre sonne plus comme un roman d’aventure que comme une trahison qui lui vaudrait la cour martiale.
De plus malgré cela elle garde en elle de l’humour et un brin de malice à tenter régulièrement de mettre hors de ses gonds sa gardienne.

Jour après jour nous allons continuer à les suivre Maddie et elle. Cette fois nous avons un surnom, Queenie.
Et leur amitié improbable va se développer au dessus de tout grâce à cette guerre qui étale les différences entre classe.
Jamais elles n’auraient pu ou du se rencontrer autrement. L’une écossaise de famille aisée et descendante des Wallace et l’autre petite-fille de vendeur de moto d’un coin perdu de campagne.

C’est cette amitié que nous allons suivre au fil de cette trahison, ce sentiment pur et profond qui relie deux femmes aux caractères totalement différents et pourtant si complémentaires.
A plusieurs reprises elles nous le prouvent, elles forment une équipe du tonnerre.
Comment ne pas les aimer?
Comment ne pas oublier au fur et à mesure des paragraphes qu’au terme de ceux-ci, notre Queenie fera peut être partie de ceux qui disparaissent dans la Nacht und Nebel.
« Nuit et brouillard » : je pensais en avoir un souvenir particulier de mes cours d’histoire et pourtant je me suis rendue compte qu’il ne correspondait pas à cette version.
Au fil des pages nous aimons Queenie et Maddie, nous partageons leur vie comme peut être celle de personne d’autre. L’écriture de l’auteure est pour ça vraiment intimiste. Nous nous sentons flattés de connaitre ces détails et puis horrifiés de nous dire qu’en fait elle trahit mais en même temps y-a-t-il en juin 43 quelque chose dans ce qu’elle écrit que les allemands ne sachent pas déjà.

De plus, comment expliquer ces  drôles d’impression au cours de ma lecture au vu des réactions ennemies. Il y a bien entendu les pourris et les sadiques qui aiment faire souffrir mais celui dont le simple nom fait peur ne semble pas être vraiment ce qu’il dit. Même si c’est lui qui l’a torturé jusqu’à ce qu’elle craque, Même si l’on entend d’autres prisonniers subir ces tortures, il y a quelque chose qui nous trouble dans sa façon de faire avec Queenie.
Car comme il le dit lui-même elle écrit comme une romancière pour amener les renseignements au compte gouttes et au final sont-ils si importants que cela ?
Et dans ce cas s’ils ne valent rien, pourquoi la laisse-t-il continuer dans cette prose sachant que de toute façon les espions sont systématiquement fusillés. A quoi bon écouter les contes des mille et une nuits si c’est pour finir mort.

De même la sous-fifre de l’hauberlieutment , la miss Engel nous laisse, elle aussi un sentiment mitigé. Elle suit les ordres, punit quand il le faut, n’aime pas être ridiculisée mais en même temps semble parfois passer outre certaines parties du témoignage lors de ses traductions de l’anglais à l’Allemand.

Puis dans la deuxième partie du livre nous allons avoir droit à une vision différente de la même période et de la suite des événements après que Quennie ait terminé sa confession.
L’auteur nous laisse alors dans l’expectative sur son destin pour nous tourner vers la même nuit de son arrivée mais d’un autre point de vue.

Et là encore on pourrait croire que changer du tout au tout de personnage allait nous troubler mais non.
L’auteure sait y faire et nous replonge dans l’action de cet autre œil comme si nous y étions.
Nous vivons là encore la vie de ce personnage, ces peurs, ces moments de courage aussi et de révolte.
Comme Quennie ce deuxième personnage nous emporte avec lui dans les événements.
Chacun a pour point commun d’écrire ses confessions mais chacun pour une raison différente.
Queenie est sensée avouer toute la vérité. Notre nouveau personnage ne fait que s’épancher sur son trop plein d’émotion et sur l’évolution que prend sa vie depuis son arrivée en France.
Parfois nous allons retrouver des éléments qui se recoupent, découvrir alors comment en peu de mots on peut en dire des tonnes, comment grâce au courage de certains d’autres sauveront à nouveau des vies ou comment tel Sheherazade, Queenie a su transformer des mensonges en vérité et des vérités en mensonges.

Plus j’avançais dans ma lecture et plus j’ai vu mon respect pour tous ces résistants, ces pilotes, ces radio, hommes et femmes qui ont lutté pour que nous soyons en paix actuellement.
Je ne rentrerai pas dans la polémique de ce que nous en avons fait et qui leur ferait probablement honte mais ce livre est un hommage magnifique à cette période de vie difficile pour tous, alliés comme ennemis. Car d’un côté comme de l’autre, tous n’ont pas été aussi propres ou salauds que l’on pourrait le croire.
Petit aparté hors contexte, l’Allemagne et l’Europe ont eu  aussi leurs propres groupes de résistants parfois même très jeunes comme la Rose, l’Edelweiss ou si vous connaissez le film « les swing kids ». Comme quoi nos héros ne sont pas les seuls à avoir combattus l’injustice et que l’on ne doit pas juger les horreurs des hommes sur leur race seule.

Lorsque la fin du roman se profile à l’horizon, de nombreux événements nous ont déjà pris aux trippes, tordus les entrailles de peur et d’espoir, de joie et de désespoir. Nos personnages gentils ou moins gentils ont su nous convaincre de les aimer, tous autant qu’ils sont.
En conclusion je dirais que la trahison est parfois une vision que chacun a de la vérité. Car dans la vérité peut se trouver le mensonge et inversement parfois dans le mensonge on peut entrevoir LA vérité que l’on attendait.

Merci au Boudoir, merci à Elisabeth Wein, à ses recherches et à sa plume magnifique pour ce moment d’émotions qui me marquera comme peu de livres l’ont fait.

 

Auteur : Nath Aely

Chroniqueuse littéraire, bibliothécaire bénévole et livrovore passionnée, je dévore plus que je ne lis mes genres favoris comme le steampunk, la fantasy, le jeunesse ou le thriller. Venez frissonner avec moi dans mes lectures et partagez donc les vôtres car je suis aussi curieuse de nature.

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